J’ai grandi à l’ombre des vignes. Leur silhouette familière, les senteurs de la terre ensoleillée et de raisin mûr, ont imprégné mon enfance. C’est donc tout naturellement que j’ai tourné mon objectif vers cet univers qui m’est cher.
Lorsque j’ai commencé la photographie en 2012, j’ai suivi le cycle de la vigne, de la taille aux vendanges, capturant des instants de vie, des paysages et des détails souvent invisibles à l’œil nu.
Le résultat ? Une série de photographies en noir et blanc qui célèbre la beauté brute et intemporelle de la vigne.
L’histoire a commencé avec mes arrière-grands-parents paternels tout droit venus d’Italie avec ma grand-mère alors âgée de 18 mois. Notre campagne est le fruit de la réunion de 14 petites parcelles achetées petit à petit à la sueur du front.
J’ai vu ma famille travailler la terre avec passion, affrontant les aléas du climat et les défis d’une nature parfois impitoyable (sécheresse, gel, grêle, maladies). Ces souvenirs d’enfance ont éveillé en moi un profond respect pour ce métier, qui demande à la fois force, patience, savoir-faire et parfois des sacrifices.
C’est le travail de Elliot Erwitt, Robert Doisneau et Steeve McCurry, pour ne citer qu’eux, qui m’ont donné envie de faire de la photographie. Le noir et blanc est devenu une évidence pour ce reportage.
Il donne une dimension intemporelle aux images, comme si le temps s’était arrêté. C’est un hommage aux traditions et à l’héritage familial. Cette technique sublime les matières, les textures et les contrastes. Je l’utilise aussi beaucoup sur les reportages photo de mariage pour mettre en avant les émotions.
Taille, effeuillage, vendanges… Chaque étape a été documentée. J’ai suivi les saisons, les changements de lumière, les différents travaux du sol et de la vigne. L’objectif ? Capturer l’essence de ce métier, souvent méconnu, et montrer que derrière chaque bouteille se cache un travail colossal.
Cela m’a permis aussi de mieux connaître le métier de viticulteur. Avec les contraintes écologiques et environnementales, les viticulteurs passent aussi beaucoup de temps devant l’ordinateur. Lorsque ma famille s’est engagée dans une démarche d’agriculture raisonnée et de labellisation HVE (Haute Valeur Environnementale), j’ai découvert cet autre aspect du métier.
Je participe aux vendanges depuis près de 30 années consécutives (on dira que j’ai commencé bien jeune !).
Depuis 2021, je participe plus activement aux autres travaux de la vigne (prétaille, taille, ébourgeonnage, etc.) et j’ai également repris la gestion administrative de l’exploitation. Mon père m’apprend le métier au fil des saisons. En ce moment nous préparons le terrain en vue de la plantation d’un nouveau cépage au printemps prochain, du vermentino viendra remplacer des rangées de grenache.
Ces images feront peut-être un jour l’objet d’une exposition. Ce serait une fierté pour moi de rendre hommage aux personnes qui ont contribué à ce projet et aux professionnels de la vigne et du vin en général.
J’ai beaucoup de chance de pouvoir combiner deux activités (photographie et viticulture) qui me plaisent beaucoup, j’ai trouvé mon équilibre et j’en suis heureuse.
En décidant de changer radicalement de vie, je me suis offert la vie de mes rêves, il ne me reste plus que les voyages et tout sera parfait !
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